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Cheikh Mohamed Souayah Cherif

Né à Menzel Temime en 1902, Cheikh Mohamed
Souayah Chérif est entré à la Zeitouna en 1920 où il a étudié les
sciences du « Tajouid » et la linguistique avec des professeurs de
renommée nationale. Il a obtenu le diplôme du « Tatouiaâ » en
exégèse qu’il a enseignées par la suite. Il est devenu professeur
agrégé en 1949. Durant ses 40 ans de carrière il a enseigné dans les
mosquées les plus prestigieuses de la capitale telles que la mosquée
Hafside, la mosquée Saheb Ettabaâ, la mosquée Hamouda Bacha, etc. Il
a notamment enseigné la grammaire, la rhétorique et la théologie.
En 1949, il a été nommé directeur de l’annexe de la Zeitouna (Faraâ
Ezzeitouna) à Menzel Temime. Il a occupé ce poste jusqu’à 1961.
L’annexe comprenait à l’époque deux sections : une scientifique et
une deuxième dite moderne. Les élèves y faisaient leurs études
jusqu’à l’obtention du diplôme appelé « Echeheda el ahlia ». Ensuite
ils poursuivaient leurs études à Tunis.
Cheikh Souayah était connu pour sa mobilisation en faveur des élèves
les plus démunis, témimiens mais aussi de l’arrière pays de Menzel
Temime, qu’il incitait vivement à poursuivre des études et à obtenir
des diplômes. Afin d’aider les jeunes à réussir leurs examens, il a
organisé des cours particuliers gratuits qu’il a assuré avec
d’autres enseignants bénévoles de Menzel Temime. Il était également
le président de la fameuse association « Jamaâiet el ber bettaleb
ettmimi » (association de soutien de l’étudiant témimien) qui
s’occupait d’attribuer des bourses aux élèves et étudiants
nécessiteux. Son combat contre l’analphabétisme a porté ses fruits ;
grâce à lui de nombreux jeunes de toute la région du Cap Bon ont pu
finir leurs études et accéder à des postes professionnels de haut
niveau. L’œuvre caritative de Cheikh Souayah s’adressait aussi aux
orphelins et aux personnes sans soutien à travers une autre
institution qu’il dirigeait: le bureau de la solidarité sociale.
En octobre 1961, l’annexe de la Zeitouna a été intégrée au lycée
secondaire. Cheikh Souayah a repris alors ses fonctions
d’enseignant. Il a assuré des cours de linguistique, d’éducation
civique et d’éducation religieuse, jusqu’à sa retraite en juin 1974.
Il était aussi l’Imam de la mosquée Ennakhla, Imam réputé pour son
éloquence. Ses prêches étaient très appréciés pour leurs clartés.
Au niveau scientifique, Cheikh Mohamed Souayah Chérif a participé à
la révision de la version « Kaloune » du livre saint, le Coran,
imprimé à Beyrouth au Liban.
Il est décédé le 18 février 1978.
Références bibliographiques
:
- ANANI Abed El Aziz. « Les
pionniers de la zeitouna : Cheikh Mohamed Souayeh Chérif ».
Assabeh 28 janvier 1994.
- AZOUNA Jalloul. « Menzel Temime, capitale de la Dakhla ».
- BOUDHINA Mohamed. « Hommes célèbres tunisiens". Editions
Boudhina
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